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Le développement humain d'Esther Duflo

 

Première titulaire de la chaire « Savoirs contre pauvreté » au collège de France, E.Duflo est professeur en économie du développement au MIT et fondatrice de J-PAL, laboratoire d'action contre la pauvreté.

En 2009, elle a reçu le prestigieux prix MacArthur qui récompense les recherches les plus novatrices.

 

Pour Amartya Sen (prix Nobel d'économie), santé et éducation sont des capacités ou selon son expression des « capabilités » essentielles au développement de la vie humaine, sans lesquelles les notions de liberté et de bien être n'ont pas de sens. Sous son influence, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a créé en 1990 un « indice du développement humain », censé remplacer à, terme le produit intérieur brut comme mesure du développement d'une nation.
Cet indice correspond à la moyenne de 4 indicateurs :

-l'espérance de vie

-le taux d'alphabétisation

-le taux brut de scolarisation

-le revenu par habitant.  (page 11)

 

Les actions aujourd'hui les plus répandues, centrées sur les coûts de l'instruction, ont donc un rapport coût/bénéfice, bien moins favorable que les programmes qui prennent en compte d'autres difficultés et qui sont beaucoup plus confidentiels.(....)

Ces résultats ne signifient pas qu'il faille renoncer aux transferts sociaux conditionnels, aux distributions d'uniformes, aux bourses accordées au mérite. (....) mais en tant que programmes éducatifs, ce ne sont pas les meilleurs.  (page 38)

 

Peut on améliorer la qualité de l'éducation en augmentant les moyens (recruter de nouveaux professeurs, distribuer des manuels scolaires, etc....) sans changer ni la pédagogie ni les incitations à étudier ? (....) Il existe donc une série d'évaluations visant à donner plus de moyens aux écoles dans différents contexte. Ors toutes ces expériences ont été décevantes.  (page 41)

 

Rendre les classes plus homogènes permettrait donc d'obtenir un meilleur enseignement. On constate que les groupes de niveau aident les enfants les plus faibles à maîtriser plus vite les connaissances de base, alors que les enfants les plus forts font des progrès particulièrement rapides sur des compétences plus avancées. Cette expérimentation confirme l'importance d'un enseignement adapté au niveau des enfants.  (page 51)

 

Les écoles publiques s'amélioreraient peut être si elles répondaient à la pression de la compétition  (page 61)

 

Il me semble que la première étape pour améliorer la qualité de l'enseignement consiste à changer l'école pour qu'enseignants et enfants trouvent du plaisir à s'y rendre, grâce à des programmes plus adaptés (....) une école qui admettrait la diversité de son public et saurait mettre l'accent sur les connaissances fondamentales, au lieu de tout promettre sur le papier pour ne rien réaliser dans les faits.  (page 64)

 

Le programme Mexicain PROGRESA a conditionné le versement des allocations sociales à un certains nombre de comportements jugés désirables : inscription à l'école, soins préventifs et vaccinations. (...) PROGRESA peut être considéré comme un succès total (Page 102)

 

Aucune amélioration des systèmes éducatifs et de santé ne pourra se faire sans une meilleure définition de ce que la société en attend et sans une réorganisation générale autour de ces priorités.  (page 103)

 

 

 

 


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