
Silence !
Messieurs et dames de la rue de Solferino,
Tant que les urnes n'avaient pas parlé, vos électeurs se retenaient de vous dire votre fait, pour ne pas aggraver une déroute qui serait aussi la leur. Vous profitiez de ce silence scrupuleux, comme vous l'avez fait souvent, non sans lâcheté. Maintenant que le gâchis est à son comble, ne vous étonnez pas qu'ils vous crient mépris, dégout et honte. Oui : honte de vous voir ajouter au désastre le grotesque de nouvelles courses à la chefferie, vous qui avez laissé tomber le pouvoir de vos mains tremblantes et salies.
On peut tout faire en politique sauf insulter l'espoir.....
Votre silence est votre seule chance que la consternation ne tourne à la rancune....
Plus tard. Après. Peut être. Avec d'autres. Moins nuls !
Bertrand Poirot-Delpech
De l'Académie Française
(Extrait du Monde du 6/04/1993)
Voiron passionnément, le choix d'une ville à taille humaine