
L’hypothèse du retour de la gauche au pouvoir devient crédible et la bonne nouvelle, du moins à mes yeux, c’est que les principaux candidats sont désormais clairement acquis aux principes fondamentaux de la social-démocratie et du réformisme. Plus question de nationalisation massive, de relance par la consommation à tout va ni de résorption du chômage par l’augmentation de l’emploi public.
Reste que cette gauche, officiellement réconciliée avec le libéralisme politique et, pour une part au moins, avec le libéralisme économique (même si elle se veut, et c’est bien ainsi, régulatrice), aura à gouverner avec l’appui d’une majorité où figureront nécessairement les Verts et le Parti de gauche de Jean Luc Mélenchon.
Or les Verts ont une doctrine claire, maintes fois exprimée de manière cohérente et très argumentée par Yves Cochet, sur la décroissance – ce qui, du reste, est parfaitement leur droit. De son côté, Jean-Luc Mélenchon, ne cesse de dire urbi et orbi, que la rigueur et le désendettement de la France non seulement ne sont pas son problème principal, mais que le scandale à ses yeux, ce n’est nullement la dette, mais les politiques d’austérité qui minent la Grèce, l’Espagne et bientôt toute l’Europe.
Là aussi, c’est son droit. Mais comment le PS pourra t il, lui qui n’a plus que le mot « croissance » à la bouche et qui, non sans courage d’ailleurs, annonce une politique de désendettement du pays, bénéficier si peu que ce soit de l’appui de ceux qui plaident pour la décroissance et tiennent la rigueur pour l’ennemi absolu ?
On peut, bien sûr, laisser volontairement la question dans l’ombre mais il me semblerait souhaitable, ne fût-ce que pour la clarté du débat présidentiel, qu’elle soit clarifiée avant mai prochain
Luc Ferry
Le 28/01/2012 - par SCHMITT
paradoxe
Le mariage de la carpe et du lapin!!
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