1/ Le premier fait, c'est l'état catastrophique de nos finances publiques : après la crise grecque ou irlandaise, les 35 heures sont un luxe que l'Etat et donc les Français n'ont plus les moyens de payer !
La réduction du temps de travail a en effet été compensée par l'Etat, et donc par le
contribuable, à travers des allègements de charges :
_ Le coût total des allègements de charges est de 22 milliards d'euros en 2010, dont 12 milliards au titre de la compensation des 35 heures, auxquels il faut rajouter environ 4,5 milliards pour l'exonération des heures supplémentaires.
_ Au total, plus de 15 milliards d'euros sont ainsi destinés à compenser le coût des 35 heures : c'est plus que le déficit cumulé de l'assurance maladie (10,6 mds €) et de l'assurance chômage (3 mds€) !
Il faut être clair : nous faisons payer nos RTT d'aujourd'hui par les générations à venir !
Nous devons donc supprimer ou réduire progressivement les allègements de charges
correspondant aux 35 heures.
D'autant plus que nous sommes dans une logique paradoxale où le contribuable paie deux fois :
_ une première fois pour que les Français travaillent moins (allègements de charges pour les 35H)
_ et une deuxième fois pour qu'ils travaillent plus (exonérations de charges sur les heures supplémentaires) !
Cette « double peine » est un luxe dont nous n'avons plus les moyens !
2/ Deuxième fait incontestable : les entreprises françaises perdent en compétitivité par rapport à leurs voisines allemandes.
La question n'est pas de se comparer à la Chine ou à l'Inde mais à nos voisins, qui
Partagent la même monnaie que nous, à commencer par les Allemands.
Or, l'entrée en vigueur des 35h a conduit à un décrochage très net de notre pays :
_ le coût de la main d'œuvre a augmenté de 30% en France entre 2000 et 2008 alors, que, sur la même période, il augmentait de 15% en Allemagne.
_ Fin 2009, le coût horaire de la main d'œuvre était ainsi bien plus élevé en France que chez ses principaux concurrents européens : 33,2 euros par heure, contre 30,6 en Allemagne, 28,2 euros dans la zone euro et 24,3 euros dans l'ensemble de l'Union européenne... comment notre pays peut-il espérer rester compétitif quand une heure de travail coûte 5 euros plus cher en France que dans le reste de la zone euro ?
3/ Il n'y aura pas d'amélioration notable des conditions de travail et du pouvoir d'achat en gardant le plafond actuel.
Tous les gains de productivité français passent dans le rattrapage du retard pris à cause des 35h.
Résultat : pas d'augmentation sensible des salaires et une pression maximum pour les salariés français.
► Voulez-vous vraiment que les Français travaillent autant que les Chinois ?
Notre point de référence, ce n'est pas la Chine, ce sont les autres pays de la Zone Euro.
Or la durée moyenne hebdomadaire du travail en Europe, c'est 41,8 heures (Nombre
d'heures travaillées par semaine des personnes ayant un emploi à plein temps - source Eurostat 2011).
En France, c'est 41h. Vous voyez que l'écart n'est pas si grand. Mais dans un grand
nombre de pays européens, on travaille plus qu'en France : en Allemagne, 41,7h, en
Espagne, 41,9h et au Royaume-Uni, 43h en moyenne
► Les Français vont-ils travailler plus sans gagner plus ?
Tout travail mérite salaire. Donc tout travail supplémentaire mérite salaire supplémentaire.
Environ 60% des salariés français n'effectuent pas d'heures supplémentaires. Ce qui
signifie, pour eux, que s'ils travaillent plus de 35h, ils verront automatiquement leur
salaire augmenter avec leur durée de travail.
Pour les 40% de salariés qui effectuent des heures supplémentaires, la fin des 35h
impacterait logiquement ce supplément de revenu. Nous voulons donc étudier la
possibilité de compenser cette perte de revenu en utilisant les économies dégagées par la suppression des allégements de charge liées aux 35H.
A moyen terme tout le monde doit s'y retrouver sur sa fiche de paye, car les gains de
compétitivité engendrés par les entreprises grâce à l'augmentation du temps de travail se répercuteront sur les salaires.
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