
Pour un nouvel imaginaire politique
Mireille Delmas-Marty, Edgar Morin, René Passet,
Riccardo Petrella, Patrick Viveret
Transversales Fayard, 2006
« La politique ne se réduit pas à la gestion, au quotidien, des sociétés humaines, elle consiste à formuler des propositions en fonction des valeurs au nom desquelles des actions doivent être entreprises. Sans cela, elle n'est que bricolage, gesticulation sans perspective et affrontement de petites ambitions personnelles » (page 34)
« Les moteurs de l'économie et de la société se déplacent de l'énergie vers l'immatériel, c'est-à-dire l'information, le savoir, la recherche, l'organisation, les services.... nous sortons du néolithique » (page 34)
« La politique, c'est le lieu où s'affrontent les analyses sociales et les systèmes de valeurs. Elle définit le compromis social par lequel des groupes humains s'accordent sur les finalités à poursuivre ensemble. Le réalisme politique ne saurait se réduire à une simple soumission au réel.
Etre réaliste : c'est ne jamais perdre de vue les valeurs que nous entendons servir ; c'est partir du réel pour le transformer dans le sens de l'idéal » (page 40)
« La pression de la rue, c'est le « lobbyisme des peuples ». On pèse, en politique, le poids des craintes que l'on inspire... » (page 48)
« Les partis politiques et les syndicats « traditionnels » ne sont plus les supports de la démocratie représentative. Ils n'incarnent plus la réalité du terrain, sinon en termes purement corporatistes. Ils ne sont plus constructeurs de narrations qui « parlent au cœur » des gens » (page 61)
« Il faut créer des processus d'intelligence collective, jouer à fond la carte d'outils comme la prospective, la délibération citoyenne et l'évaluation. Bref, s'engager dans le voie d'une « haute qualité » démocratique, comme il existe une « haute qualité » environnementale » (page 64)
« Il faut aussi se placer sur le terrain des passions collectives et offrir aux citoyens des perspectives émotionnellement positives » (page 67)
« Car l'humanisation de l'espèce humaine est encore inachevée. On pourrait dire, de façon un peu provocatrice, qu'il n'y a rien de plus humain que l'inhumain. Les traitements inhumains et dégradants sont bien le propre de l'homme : à ma connaissance, aucun animal, même parmi les plus féroces, ne pratique la torture, avec la volonté d'humilier qu'elle implique » (page 83)
« Dans un monde évolutif, ne se transforme que ce qui comporte un certain nombre d'invariants. Il faut savoir à la fois s'adapter et déterminer les valeurs fondamentales que l'on entend maintenir » (page 127)
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