
La société contre elle-même
Roger Sue
Fayard, 2005
« La modernité s'est progressivement désenchantée et depuis mai 1968 , on n'est plus sur une ligne de « progrès » mais de déconstruction de nos illusions » (page 26)
« Nous sommes dans un monde décidément sans boussole, privé du sens de l'histoire, revenu de ses illusions » (page 27)
« La politique est allée dans le sens de l'opinion, l'a accentué en dramatisant la situation et l'a exploité pour apparaître comme le recours, le rempart face à une société à la dérive »
« La prétendue montée des périls a presque toujours été favorable aux gouvernements en place » (pages 38 -39)
« L'homme le plus libre est celui qui a le plus de relations avec ses semblables » Proudhon (page 50)
« Plus l'individu s'affirme, plus il s'expose aux blessures narcissiques. Les jeunes, ont de plus en plus de mal à s'accommoder de la hiérarchie, de l'autorité et de toutes les formes d'organisation verticale » (pages 59 - 60).
« Le chômage, la précarité et la misère, engendrent une véritable insécurité sociale et un climat délétère. De cela, le politique est très directement comptable et responsable alors que la violence l'exonère et renvoie la société civile à ses propres déchirements et turpitudes. Mieux, elle lui permet d'occuper l'espace, d'apparaître comme le garant de l'ordre public, et comme l'ultime rempart qui préserve la société contre elle-même » (pages 62 - 63)
« C'est grâce à l'irruption de la société civile, non seulement dans les forums et dans la rue mais aussi dans les institutions de la république, que la politique a une chance de se régénérer, de redonner du sens à la démocratie et d'accomplir la promesse de la modernité contenue dans le lien social d'association» (pages 73 - 74)
Tripalium d'où nous vient le mot « travail », il désigne un instrument de torture (page 76)
« Etonnant paradoxe que de vouloir résoudre une tendance pluriséculaire à la réduction du temps de travail par plus de travail et d'emploi » (page 84)
« Il s'agit de pérenniser le travail comme le grand organisateur de la distribution sociale des rôles selon les mérites, les efforts ou les dons de chacun, sorte d'échelle républicaine (...)
Comme si les rôles en question n'étaient pas pour l'essentiel distribués à l'avance, comme si les différents types de capital que l'on possède (financier, culturel, social, relationnel) ne traduisaient pas d'abord une reproduction sociale et non une égalité des chances face au système de production » (pages 90-91)
« Les savoirs professionnels aujourd'hui requis relèvent autant de l'être que de l'avoir : capacité relationnelle, esprit d'équipe, aptitude au leadership, faculté d'innover, implication personnelle... bref des compétences liées à la personne, à sa « plus value » personnelle, à sa créativité.... (pages 104-105)
« Tous ceux qui travaillent sur la ressource humaine savent qu'un climat de confiance, des relations de coopération, la reconnaissance de la personne, l'individualisation, sont des conditions de base pour obtenir de bons résultats » (page 110)
« La réflexion publique sur la « nouvelle économie » s'est limitée aux nouvelles technologies, sans voir l'économie du capital humain, de l'information, du savoir et du lien social qui leur est potentiellement attachée » (page 120)
« Plus la production de l'individu et de ses différentes formes de capital (formation, santé, relations...) deviendra décisive dans la performance économique globale, et plus l'économie sociale associative sera naturellement amenée à prendre de l'importance dans le mode de production global » (page 124)
« L'histoire reste celle du « processus de civilisation » : humanisation, réalisation d'un potentiel humain, extension du champ de la démocratie et de la diffusion progressive de ses valeurs » (page 134)
« Toute nouvelle avancée déplace les lignes, mais par définition, nous n'avons guère de prise sur ce temps long qui n'est pas à l'échelle de la vie humaine, même si rétrospectivement, il dégage un horizon » (page 134)
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